Approches, politiques et stratégies de réduction de la pauvreté rurale au Maroc
Le programme de développement social du gouvernement marocain s’articule autour des priorités suivantes : éducation, santé, développement rural et marché du travail, en particulier dans les zones urbaines. Dans le domaine du développement rural et agricole, la stratégie du gouvernement s’étend jusqu’à 2020 et vise l’intégration d’activités diversifiées par le biais de la décentralisation. L’approche privilégie les initiatives populaires, la participation et la responsabilisation des communautés rurales et les partenariats locaux. Les principaux éléments de la stratégie du Maroc sont les suivants :
* stimuler la production agricole pour accroître la sécurité alimentaires et les exportations
* développer l’emploi rural agricole et non agricole
* améliorer l’éducation et la formation professionnelle dans les zones rurales
* encourager la politique de décentralisation et de déconcentration
* appuyer activement l’initiative, la participation et la prise en charge des communautés rurales dans les programmes de développement
* élaborer et mettre en place un système de crédit et de fonds de développement local adaptés
* mettre en place un système de suivi qui inclut aussi bien le gouvernement que les bénéficiaires
* adapter les structures réglementaires et juridiques aux besoins des activités de développement rural
Auparavant, le gouvernement s’est également doté d’une stratégie de développement agricole dont les objectifs principaux sont d’augmenter la productivité, la compétitivité et les compétences des agriculteurs marocains. Elle vise aussi à réduire la pauvreté en favorisant la diversification des activités et sources de revenus tout en protégeant l’environnement. Cette stratégie repose sur une approche intégrée, la participation de tous les partenaires et populations concernées et une adaptabilité aux contextes territorial et culturel du pays[COLOR=blue][COLOR=blue]
Lancée en 2005 par le Royaume du Maroc, l’Initiative nationale pour le développement humain procède d’une démarche résolument novatrice et d’une méthodologie d’action. L’Indh allie l’ambition, le réalisme et l’efficacité et se traduit par quatre programmes pratiques, bien définis et intégrés se rapportant notamment à la lutte contre la pauvreté en milieu rural, l’exclusion sociale en milieu urbain et la lutte contre la précarité.
L’Initiative nationale pour le développement humain (Indh) s’inscrit dans une vision globale du développement social et humain, et vise la lutte contre la pauvreté. En effet, la pauvreté touche au Maroc plus de 23 % de la population rurale, l’exclusion sociale touche 700 000 ménages, 4 millions de personnes vivent dans des quartiers non réglementaires ou des bidonvilles, et 2 % de la population urbaine souffrent de précarité, selon les chiffres de la Banque mondiale.
L’Institution de Bretton Woods a conclu, le 2 novembre 2006, les négociations pour un prêt d'appui à l'Initiative nationale pour le développement humain pour un montant de 78,9 millions d'euros. Le prêt de la Banque a pour objet d'appuyer la mise en œuvre de l'Indh pour la période 2007-2010 et il complète les financements mobilisés sur budget de l'Etat. Et c’est depuis le mois de septembre 2005 que la Banque mondiale s'est engagée à appuyer la mise en œuvre de l'Indh. Le Premier ministre, Driss Jettou, qui avait effectué une visite de travail à Washington, le 15 mars 2006, avait d’ailleurs déclaré, à l'issue d'une rencontre avec le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, que l'institution financière internationale ‘adhère pleinement à l'Initiative nationale pour le développement humain’.
L’Initiative est un programme de développement communautaire participatif.
Cela signifie que ce sont les habitants des communautés cibles, eux-mêmes, qui vont exprimer leurs besoins en matière d’équipements et de services sociaux, d’appui aux activités génératrices de revenus, de renforcement des capacités et d’animation sociale. Ces besoins seront étudiés au niveau de chaque commune ou quartier et seront financés dans le cadre d’une ‘initiative locale pour le développement humain’.
La mise en œuvre de cette initiative locale se fera tout en recherchant une mise en convergence avec les programmes sectoriels et les plans de développement des collectivités locales. Ce processus devrait aboutir au renforcement du pouvoir décisionnel des populations concernées et de l’action des collectivités locales.
Cette initiative a suscité une mobilisation générale et emporté l’adhésion, dans un esprit de citoyenneté agissante, de toutes les forces vives du pays et des associations de la société civile. De ce fait, a expliqué Sa Majesté dans son message, elle garde ses chantiers ouverts à tous, de sorte que chacun puisse apporter son concours à la réalisation du développement économique. ‘En outre, poursuit le Roi Mohamed VI, la préservation de la cohésion sociale et la réduction des disparités entre les régions, l’Initiative permettra de résorber le déficit social que connaissent les quartiers urbains pauvres et les communes rurales les plus démunies, en leur assurant un meilleur accès aux services, prestations et équipements sociaux de base, parallèlement à l’emploi et à l’insertion des personnes à besoins spécifiques’.
L’Indh se veut un programme ciblé de réduction de la pauvreté. Il vise 400 communes rurales qui ont un taux de pauvreté élevé et 250 quartiers urbains où les conditions d’exclusion sociale sont aiguës. Ce ciblage est rendu possible grâce aux cartes de la pauvreté développées par le Haut commissariat au Plan en collaboration avec la Banque mondiale. Ces cartes ont permis d’identifier les communes rurales et les districts au niveau des quartiers urbains les plus pauvres, ce qu’il n’était pas possible de faire auparavant. ‘Le fait de pouvoir cibler un programme de réduction de la pauvreté permet de s’assurer d’une utilisation efficace des dépenses publiques puisque les plus pauvres sont directement touchés et d’une forte transparence dans l’allocation des dépenses’, lit-on dans le document de presse. Le programme comprend aussi un volet qui cible les personnes vivant en situation précaire. Ce volet vise à améliorer la qualité des programmes sociaux qui servent ces personnes et à renforcer les mécanismes d’accompagnement social et économique.
Les partenaires de ce projet seront l’ensemble des services extérieurs de l’Etat, les autorités locales, les élus, les acteurs du milieu associatif, les Ong nationales et internationales, les bailleurs de fonds étrangers et surtout les populations des communes rurales et des quartiers cibles.
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Depuis la crise des années 80 les pouvoirs politiques ont adopté une démarche de réforme d’abord économique marquée par le désengagement de l’Etat en faveur du secteur privé et des organisations professionnelles, suivi de l’ouverture politique. Ce qui a ouvert des opportunités permettant aux ONG de jouer un rôle clé par l’engagement de la société civile dans le processus de développement.
Cette ouverture est venue directement de l’institution royale par une série d’initiatives et de déclaration favorables à la société civile. Certains ministres conscients de l’incapacité de l’Etat à répondre aux défis du développement sans une grande participation populaire ont commencé à étudier les opportunités de partenariat avec les ONG.
Ce processus a été encouragé par des facteurs internationaux dont la tendance des bailleurs de fonds à favoriser la participation des ONG dans le processus de développement
Contrairement aux associations créées juste après l’indépendance qui concentraient leurs activités sur les actions sociales de bienfaisances, les nouvelles ONG, ont mis l’accent sur des questions urgentes. Plusieurs d’entre elles oeuvrent à combler le fossé qui s’est crées au niveau local par les besoins croissants du pays et la capacité limitée de l’Etat à les satisfaire.
La force des ONG réside dans la proximité de leur travail , elles sont plus à l’écoute des besoins de la population et de par leur action appelées à tisser des relations de partenariat formelle ou informelle avec les bénéficiaires. La conscience des ONG de la limite de leur intervention sur le terrain les incite à renforcer l’autonomie de la communauté et sa capacité à prendre elle même en charge l’activité de développement.
L’action de l’ONG repose sur une légitimité culturelle . avant l’émergence du l’Etat moderne suite à l’indépendance du pays , la communauté gérait elle même les services sociaux de base. Les associations locales pour l’équipement des douars en réseaux locaux de distribution d’eau potable ont bénéficié de l’adhésion de la communauté à leur projet ; le tour d’eau dans les OASIS du sud est depuis toujours géré par la communauté.
En 97 on comptait 17 000 associations , aujourd’hui on les estime à 40 000. Une grande partie des ces associations sont actives dans un cadre local au niveau d’une localité au un quartier. Les ONG marocaines sont actives dans tous les domaines allant du sport et de la culture qui ont toujours été considérés comme des domaines traditionnels de l’activité associatives, jusqu’à l’équipement et l’infrastructure qui était jusqu’à ces dernières années du domaine protégé de l’Etat et par la suite des attributions des collectivités locales. Actuellement des programme du gouvernement réalisent des projet d’infrastructure de base en partenariat avec les communautés via les associations communautaires qui sensibilisent, mobilisent et assurent la participation financière de la communauté.
Les ONG ont joué un rôle très actif dans le processus de démocratisation du pays . les association de droit de l’homme sont arrivées à imposer le discours des droit humain sujet tabou pendant plus de trente ans et à lever le voile sur les dérapages qui ont eu lieu pendant les années de plomb. Les actions entreprises par les associations féminines ont abouti finalement au changement du code de la famille et à l’acceptation de la reforme.
Les ONG se sont aussi investi dans le domaine de la micro-finance donnant ainsi la possibilité aux populations les plus défavorisés l’accès au crédit, ce qui a permis à des milliers de pauvres de réaliser leurs micro projets encourageant ainsi la prise d’initiative chez les plus démunis.
Le déficit énorme dans l’éducation et la santé à amené les ONG à s’investir dans ces domaines.